L'Histoire
A la veille de Noël, Billy (Zach Galligan) se voit offert Gizmo, une adorable créature appellée « mogwai ». Il est averti que pour prendre soin de son nouveau compagnon, il lui faut respecter les trois règles suivantes : ne pas l'exposer à la lumière, ne pas le mouiller et surtout ne pas le nourrir après minuit même s'il implore. Au bout de quelques jours, la mise en garde n'est pas respectée et source de bien des conséquences dans la paisible bourgade où vit le jeune homme...
L'Avis
Le film se présente comme un conte de Noël dès l'ouverture durant laquelle le père de Billy nous suggère en voix-off les catastrophes à venir. On le voir pénétrer en pleine nuit dans une étrange boutique tenue par un vieillard tout aussi étrange et réticent à lui céder Gizmo. La scène se finit par l'achat de la bestiole aux dépends du veillard et de ses mises en garde. On embraie sur le générique rythmé par une chanson des années 50, une journée lumineuse et des bons sentiments : bref, la banlieue pavillonnaire américaine dans toute sa splendeur. On a même le droit à une scène ponctuée par l'inconditionnel film de Noël La vie est belle de Frank Capra puis hop, cet étalage de carte postale finit par se fissurer : on entrevoit les névroses de la mère-poule, une machine du père inventeur qui dégènère. A cet instant, Joe Dante nous fait doucement basculer dans le monde farfelu des gremlins...
Créatures cultissimes des années 80, les Gremlins ont amorcé une série de long-métrages jeunesse (bien que voir le film à 6 ans marque toute de même les esprits !) produits par Steven Spielberg à l'instar des Goonies. Le film s'inscrit par ailleurs dans la vogue de l'extra-terrestre sur grand écran à cette même époque. Le film est ainsi réalisé quelques années après Rencontre du Troisième Type et E.T de Spielberg lui-même ainsi qu'Alien de Ridley Scott. Dominé par un humour noir et une musique enlevée, le film n'a pas pas pris une ride et se délecte de manière toujours aussi jouissive grâce à une succession de scènes devenues cultes ( la scène de bar, le gremlin passé au micro-ondes, les gremlins en extase devant Blanche-Neige..).
Par le biais de ces créatures bêtes et méchantes, Joe Dante prend un malin plaisir à faire vasciller les valeurs puritaines de l'Amérique du Bush Père grâce à des caricatures irrésistibles (le banquier cynique, la mégère sinistre, le voisin paranoïaque). A noter que la suite de ce film est toute aussi déjantée si ce n'est plus. Jubilatoire.
Gremlins
Joe Dante - 1984
Date de sortie dans les salles françaises : 5 décembre 1984