Publicité


Sondage
Quel est le meilleur film de la saga Star Wars ?
 

Oblivion : retour vers le futur

Note des utilisateurs: / 9
MauvaisTrès bien 

 

OblivionAvec Oblivion, Tom Cruise renoue avec le SF le temps de se faire oublier sur d’autres thèmes, les films d’action notamment.

Pourtant, aucun savant fou, aucun visionnaire, mais bien de la SF… et de l’action (tout de même).

Oblivion : l'histoire

2077 : Jack Harper fait partie d'une gigantesque opération d'extraction des dernières ressources nécessaires à la survie des siens, exilé sur une lune de Jupiter et qui ne survivent que grâce aux machines, suite à l'attaque de la Terre par des aliens, la destruction de la lune et l'utilisation de la bombe atomique par les hommes dans un soucis d'égoïsme, pardon, de sauvegarde de la Terre.

Sa mission touche à sa fin. Dans à peine deux semaines, il rejoindra le reste des survivants avec sa femme, enfin son binôme, quittant ses fonctions d'appui technique aux drônes qui qui quadrille les exploitations d'eau.

Mais les aliens restés sur Terre lors de l'invasion font crasher un vaisseau humain en orbite autour de la Terre depuis le début des hostilités...


Notre avis sur le film Oblivion, de Joseph Kosinski avec Tom Cruise

Adapté d’un roman graphique de Joseph Kosinski, Oblivion présente certains avantages. Tout d’abord, le réalisateur et producteur du film est l’auteur du roman. Ensuite, l’acteur principal, qui porte le film, et sa trame, partage un grand nombre de messages véhiculés par le film.

Acteur ou principal ou réalisateur, les deux ne sont pas étrangers au genre de la science-fiction, et bien la science-fiction, pas le fantastique. Tom Cruise a bien joué dans Legend, de mémoire, il y a bien longtemps. Mais surtout il a joué dans Minority report (adaptation réussie du roman de Philip K. Dick) et la Guerre des Mondes (la version de 2005 réalisée par Steven Spielberg bien entendu) ; Joseph Kosinski s’était quant à lui vu confier la réalisation de Tron l’héritage.

Ajouté à cela un budget confortable de 120 millions de dollars, un soin apporté au graphisme (en termes de moyens techniques et humains) et aux effets spéciaux et nous voilà avec un film de SF qui fonctionne bien.

Pas de déception, pas de surprise (pour les habitués du genre), quelques touches  de cyberculture, et nous voici devant un film traitant avec une originalité convenue, mais singulière, de thèmes assez classiques : déterminisme, liberté, réalités parallèles, suprématie de l’homme sur la machine (et donc de l’homme sur Dieu, ou l’inverse par son approche dans Oblivion)…

Les touches de la culture SF sont assez nombreuses : blanc immaculé de la technologie (2001, Odyssée de l’espace), satellite suprême en orbite au-dessus de la Terre (façon la Foire aux Immortels de Bilal), drones terribles mais non-omnipotents (Matrix), signes architecturaux d’une anté-civilisation (la Planète des singes), messie providentiel…

Pour les autres touches, gardons les références de côté afin de ne pas surprendre les plus naïfs ; Oblivion est toujours à l’affiche, et surtout, il devrait faire une belle seconde carrière en DVD et VOD.

Tom Cruise joue parfaitement et les seconds rôles également  (sans remettre leur rôle ou jeu en question, le chef alien-rebelle est… chef alien-rebelle, l’épouse est… l’épouse, etc). D’ailleurs dans l’ensemble, on pourrait difficilement leur en demander plus, ne serait-ce que pour les besoins du scénario : le film est centré autour de Tom Cruise.

Tom Cruise est donc parfait, dans un rythme soutenu, façon Minority report (ou Mission impossible bien sûr, bien que son pilotage virtuose d’un aéronef futuriste nous rapproche souvent de Top Gun :-), et s’il on en oublie l’âge que peut avoir le personnage, on en oublie aussi l’âge que l’acteur a (la magie du cinéma certainement).

On en arrive finalement à un récit un peu téléphoné. On ne voit certes pas le temps passé, 2 heures tout de même, mais l’on peut s’attarder sur certaines imperfections de l’histoire, voire certaines incohérences mineures (la durée de vie d’un cigare notamment).

Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un film très plaisant, assez difficile à évaluer. D’une part il ne s’agit pas simplement d’un film de divertissement made in USA (c’est un vrai beau film de SF), d’autre part ce n’est pas un film qui marquera le genre (ce n’est pas un grand film de SF).

Comparé à d’autres, et notamment la préquelle d’Alien l’an passé, Prometheus, pour ne pas la citer, Oblivion est donc plus qu’un film graphique (ce qu’était Prometheus, au-delà de poser les bases d’une nouvelle trilogie d’Aliens), moins qu’un vrai film de genre (ce que serait Minority report), mais pas non plus un vrai blockbuster comme ceux qui nous attendent dans les prochains mois (Star Trek opus « J’ai perdu le compte », Superman Man of Steel, Thor 2…).

A voir donc… et à redécouvrir (le jeu et le roman graphique existaient déjà ;-). A partir de là, un certain nombre de films SF mériteraient d’être revus, car sans plagier, Oblivion en appelle à certains classiques qui manquent globalement au paysage actuel de la SF (mais qui se souviendrait, par exemple, de la version de Solaris avec Georges Clooney, la SF hardcore ne déplace pas les foules).

A partir de là, ceux qui n’ont pas vu le film peuvent jouer la bande-annonce, les autres échanger par les commentaires de l’article… article qui se poursuit juste en dessous de la bande-annonce...


 

Film rondement mené, j’ai pourtant du mal avec certains points qui bloquent LE film. Au-delà de certains éléments très convenus (en particulier, les méchants sont en fait les gentils, en lutte contre le « système », nul besoin d’un crochet avec Demolition man), certains points pêchent.

Il ne s’agit pas seulement du havane de Morgan Freeman (qui fait du Morgan Freeman, tout à fait comme dans les derniers Batman), de la machine « Dieu » et son œil rouge 2001esque à la fin, du clonage humain trop vite démasqué.

Paradoxalement, Oblivion évite certains pièges. Là ou Inception ou 6e sens se plantent dès le début du récit (raccourci un peu trop rapide sur la nature de la « boite-machine » dans Inception, absence d’une scène à l’hopital pour 6e sens), la voix off du personnage principal nous explique pourquoi le parti, la société, les décideurs, appelons ca comme on veut, l’a frappé d’amnésie, pourquoi donc il ne se pose pas certaines questions, pourquoi il a d’étranges flashbacks (des réminiscences…) et pourquoi, esprit humain et curieux qu’il a, il va vouloir défaire la pelote de laine…

Là où les messages sont nombreux, où les prises de position sont claires, peut-être plus que dans d’autres œuvres, tout tourne trop autour de Tom Cruise (pour les besoins du scénario, « à n’en pas douter » comme il dit dans Entretien avec un vampire).

Domination de l’homme sur la machine, force de la culture occidentale (le livre sur la Rome antique), auto-destruction de l’espèce humaine,  maîtrise des ressources naturelle, cupidité et égoïsme… tout se mêle dans un magma post-apocalyptique (la Terre est dévastée) assaini (par la machine).

C’est aussi la victoire d’une civilisation libre, multi-culturelle et multi-ethnique, en harmonie avec la nature (ou ce qu’elle pourrait redevenir), sur le capitalisme (répartition des tâches, sur-exploitation des ressources…).

De fait, la fin du monde présentée en 2017 en une année 0, rejoignant par la même un des postulats d’autres films du genre, Matrix en particulier, qu’il faille « rebooter » le « système » et non avoir confiance en un éternel recommencement (2001, Odyssée de l’espace).

Et c’est là où Oblivion tranche, il s’agit d’une 2e chance, dans la continuité de la civilisation occidentalisée, pas un nouveau reboot visant à atteindre la perfection, comme dans Matrix ; la perfection existe, c’est le monde immaculé et parfait que propose la machine aux yeux e à la mémoire des hommes, mais elle est inhumaine.

L’humanité est faite de sa culture, de prise de risques et de confiance, de rapports aux autres et à la nature, pas d’un Eden fermé à reconstruire… fusse-t-il « ailleurs ».

 

Oblivion

Un film de Joseph Kosinski
Date de sortie en salles : 10 avril 2013

 

Commentaires
Ajouter un nouveau Rechercher RSS
Ecrire un commentaire
Nom:
Email:
 
Website:
Titre:
Saisissez le code que vous voyez.

3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved."