Hellboy
Guillermo Del Toro - 2003
Encore un héros d’un comic américain adapté au cinéma ? L'Histoire
Ecosse 1944 : les nazis avec à leur tête Raspoutine et Kroenen ont décidé d’ouvrir les Portes de l’enfer pour permettre aux démons d’envahir la terre et de déclencher une apocalypse. Le professeur Broom, un des spécialistes américains du paranormal arrive heureusement sur place avec un détachement de soldats Américains. Sentant que le projet de Raspoutine met en danger toute la planète, les Américains interviennent. Malgré l’intervention de Kroenen, la porte de l’enfer est refermée et Raspoutine est aspirée vers les enfers. Tout est bien qui finit bien, mais quelque chose a réussit à s’infiltrer sur terre. Un bébé démon tout rouge. Le professeur Broom va le recueillir et le nommer Hellboy.
De nos jours, au Bureau des Recherches Paranormales : Hellboy et Abe Sapien (un homme poisson) sont les attractions de cette division du gouvernement peu ordinaire. Bien évidemment le directeur nie l’existence de cette organisation qui a pour fonction d’enquêter sur le paranormal et de lutter contre les forces du mal. Précisément, Raspoutine, Kroenen et Ilsa sont de retour, ils relâchent Sammael, un démon extrêmement puissant, et veulent contraindre Hellboy à ouvrir les Portes des enfers.
L'Avis
Le moins que l’on puisse dire c’est que le pitch de ce film n’est pas ordinaire. Un démon combattant aux cotés des humains pour sauver la terre d’ennemis démoniaques, cela n’a rien de courant. Le fait même que le héros du film soit un démon et non un humain doté de pouvoirs hors du commun a de quoi susciter l’interrogation sinon l’intérêt. Les Good Guys ne sont plus ce qu’ils étaient ou la vision de Mike Mignola mise en scène par Guillermo Del Toro nous amènerait-elle à réfléchir sur la nature même du héros.
Big Guy and Bad Guys
Le héros n’est plus un humain ayant subit une mutation, mais tout simplement un démon avec tout ce que cela entraîne. Hellboy est rouge, cornu, il a une queue, il fait plus de 2 mètres, pèse au bas mot 120 kilos, une main droite en pierre et une gueule qui pourrait lui permettre d’être le Bad Guy dans n’importe quel film. Son caractère de cochon est aussi digne d’un Big Bad : il râle tout le temps, les batailles « ça le gonfle » et il préférait rester tranquillement avec ses chats à bâfrer du Chili ou des cookies, ou encore roucouler tranquillement avec sa petite amie. Hellboy n’a en conséquence rien du Good Guy habituel et c’est peut-être cela qui le rend si attachant. Ron Perlman (Alien, La Guerre du Feu, Au Nom de la Rose) tient là son premier grand rôle et s’il est totalement grimé sous une carapace de caoutchouc, il est clair que seul cet acteur à la stature et au visage hors norme pouvait incarner un tel personnage aussi fantasmagorique. En somme Hellboy c’est un peu un Big Bad qui se serait trompé de camp, Guillermo Del Toro ayant d’ailleurs tout fait pour que cette impression soit renforcée, Hellboy n’hésitant pas à tout casser juste pour le plaisir. De sorte que si les vrais Big Bad sont un peu éclipsés par le héros cela n’a guère d’importance, tout simplement parce que cette fois le personnage principal du film peut à lui seul tout assurer. Enfin j’exagère un peu parce que les Big Bad sont tout de même très bons. Karel Roden est Raspoutine le chef des méchants. Raspoutine, ce seul nom du conseiller des tsars éveille l’effroi et de fait l’acteur réussit à faire passer cet aspect inquiétant. Son but réussissant à lui seul d’ailleurs à ficher la trouille à n’importe qui. Immortel, Invincible, Puissant, Déterminé et Cultivé, c’est LE méchant parfait qui n’a d’ailleurs pas besoin de se battre, ses acolytes sont là pour cela. Raspoutine est accompagné par deux personnages aussi différents qu’inquiétants :
- Ilsa (Bridget Hodson) à la blondeur toute nazie est amoureuse de Raspoutine, lequel lui conférera l’immortalité.
- Kroenen (Ladislav Beran) soldat nazi enfermé dans une armure à la Dark Vador, il est une sorte de Survivant, un Zombie-Nazi ultra inquiétant et maniant les épées à double tranchant avec une dextérité incroyable. Il n’a pas une ligne de texte et pourtant quelle présence, ce type est l’exécuteur des bases œuvres de Raspoutine. Si Raspoutine est l’Empereur du crime alors Kroenen est son Dark Vador, Raspoutine ne se salissant jamais les mains.
En voilà une sacrée brochette de Big Bad, lesquels vont donner du fil à retordre à Hellboy. Tous ces personnages ayant comme dénominateur commun, leur origine démoniaque ou leur appartenance au côté obscur de la force et l’on s’en doute le film est dés lors ultra morbide.
Mélange des Genres
Guillermo Del Toro nous propose un film à la confluence des genres. Comédie, Action Pure, Super-Héros, Histoire d’Amour et Fantastique. Comédie parce que Guillermo Del Toro ne se contente pas de faire un film de super-héros. Hellboy n’est de la veine des héros qui ne se trompent jamais, réussissent tout ce qu’ils entreprennent et sauvent le monde sans se faire une égratignure ou abîmer leur cape. Non, Hellboy c’est un Héros qui en prend plein la gueule, n’aime pas ça et le fait savoir. Action Pure et Super-Héros parce qu’il s’agit avant tout d’un film de baston, avec des méchants qui veulent déchaîner les enfers sur le monde, et des gentils pour nous protéger des démons. Simple, mais efficace. Histoire d’Amour, parce que le héros vit avec Liz une belle histoire d’amour façon la belle et la bête. Mais si chez Disney la belle transformait la bête en homme, avec Guillermo la belle prend la bête telle qu’elle est. Ce n’est pas ce qu’on est en apparence qui fait de nous des humains, mais ce qu’on a dans le cœur. Fantastique parce que les monstres, et les démons du film sont assez originaux. Les démons sont dans le film d’inspiration très Lovecraftienne, point de cornes, mais des monstres gigantesques, gluants, et tentaculaires. L’impression d’horreur est différente, mais peut-être encore plus forte, ce-ci étant encore faut-il voir la référence sinon, il est vrai que cela peut surprendre. Ce mélange des genres est assez détonnant, il est vrai, mais Guillermo Del Toro réussit à équilibrer son film, chaque aspect est bien travaillé et ne prend pas trop de place. Notamment cette amourette entre Hellboy et Liz n’a pas une place aussi importante que la relation Peter Parker – Mary Jane dans Spider-Man 2. C’est bien ce que je reproche à Spider-Man 2, c’est ce déséquilibre entre l’aspect film sentimental et le film de super-héros. Le film devient bancal parce que finalement l’action est presque secondaire. Alors qu’avec Hellboy, tout est amené si finement qu’on prend un réel plaisir à voir se développer cette histoire si originale entre Hellboy et Liz.
Il est à noter que la version sortie en salle en Europe est plus longue de 15 minutes que la version sortie aux USA. 15 Minutes qui selon le réalisateur permettent de mieux approfondir les personnages et leurs interactions.
[ En discuter dans le Forum ]
[ La liste des films ]
[ La rubrique Bédés avec quelques critiques de comics « Hellboy » ]
[ Version imprimable ]
- - - - - -
© Atemporel.com 2000 - 2007