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Bienvenue à Gattaca Incontournable
Andrew Nicoll - 1997


L'Histoire
L’histoire se situe dans un futur proche où la discrimination génétique est la base de toute la société. Dans ce système, si les parents décident de faire un enfant en laissant le « hasard » faire les choses, ce dernier ne pourra jamais faire partie de l’élite, et n’aura le droit qu’à un emploi de bas d’échelle. Ainsi, les êtres humains seront divisés en deux catégories : les « valides » qui feront l’objet de sélections génétiques poussées, et occuperont les postes d’élite à grandes responsabilités, et les non valides fruit du hasard, à l’intelligence beaucoup plus limitée, ou ayants des problèmes de santé, qui n’auront eux, le droit qu’à des emplois mineurs. Vincent (Ethan Hawke) est l’un de ces non valides, il est né de façon naturelle et sans les services de la génétique, mais à sa naissance lors du calcul de son profil ont été décelés de graves troubles cardiaques. Et les médecins prédirent qu’il ne passerait pas la trentaine. Exclu de la société (même l’école ne veut pas de lui), il n’arrivera qu’à être balayeur. Mais il y a des choses qu’ils n’ont pas prévues, c’est son obstination, l’espoir, et sa passion pour les étoiles. Et ça, la génétique ne peut pas le contrôler. Son rêve est de pouvoir voler dans une navette spatiale, mais pour cela il doit être admis à « Gattaca » une école où seuls les élites y sont présentées, et bien sûr les valides. Pour arriver à ses fins, il va se faire aider par Jérôme Eugène Morrow (Jude Law), un valide qui est devenu paraplégique après un accident. Vincent va donc se faire passer pour lui en utilisant son sang, son urine, et autres fluides du corps humain afin de déjouer nombreuses analyses dont font l’objet tous les employés de cette cité. Dans ce centre ; tout cil, goûte de sueur, ou même pelure de peau est analysée et permet de connaître la véritable identité de la personne. Mais arrivera-t-il à réussir son rêve sans se faire démasquer ?

L'Avis
Ce monde d’une grande froideur nous fait facilement penser aux chefs d’œuvre d’Aldous Huxley Le meilleur des mondes, et de Georges Orwell 1984, en montrant une société qui pour régler tous ses problèmes décide d’opter pour le contrôle des individus, ici à l’aide de la sélection génétique. Ce film nous fait ainsi réfléchir sur la notion de l’Eugénisme, et plus précisément sur le sujet de la recherche de la perfection ; que ferions-nous, si nous pouvons choisir à notre guise en plus du sexe de l’enfant, la couleur des yeux, de la peau, et surtout leur capacité intellectuelle. Mais à ça disparaîtrait les joies de la maternité et il n’existerait plus de « hasard », et il ne serait plus question de procréation proprement dite, puisque la croissance du fœtus est déterminée scientifiquement. Dans Gattaca, la violence ne serait pas explicite, mais secrètement se manifesterait une violence plus discriminatoire par la sélection génétique.

Au niveau des décors, on n’a pas l’impression d’être dans le futur ; que ce soit au niveau des costumes, des infrastructures, ou des accessoires, seuls quelques détails nous permettent de dire que l’histoire se passe dans le futur (NDW: cela nous rapproche d'autant plus d'un certain réalisme de l'histoire). Le ton employé entre les scènes du passé légèrement jaunâtre à la Genet et les autres scènes beaucoup plus grisâtres et froides, montre la différence entre le côté chaleureux et humain du foyer familial et le côté froid et déshumanisé de Gattaca.

Même si ce film dénonce manifestement les dérives de la génétique, je ne pense pas qu’Andrew Niccol ait réalisé ce film afin d’en faire un plaidoyer anti-génétique, mais davantage pour en faire une réflexion éthique, afin de connaître la limite qui sépare la simple thérapie génique, du perfectionnement de l’être humain.

Gattaca avec son scénario inspiré des grandes œuvres de la science-fiction et d'anticipation, en s’adaptant aux questions contemporaines, fait partie des meilleurs films du genre, qui va certainement faire de lui un des grands films cultes de la science-fiction. Je conseille vivement ce film car il est méconnu est c’est bien dommage. Pour l’anecdote le nom Gattaca n’a pas été utilisé par hasard, il s’agit du terme mnémotechnique qui permet de se rappeler les quatre lettres composant la base azotée de l’A.D.N. (Guanine, Adénine, Thymine, Cytosine).

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Olivier Brunner



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